À retenir
- La Grande Riviere Sud-Est traverse une gorge avant d'atteindre la mer sur la côte est.
- C'est une halte réputée des excursions en bateau, et l'estuaire qui se trouve en contrebas est à l'origine des sédiments.
- Une crête au-dessus de la baie dont le profil explique son nom.
- Le vol de vingt minutes atteint l'embouchure du fleuve et le rebord du plateau, tandis que celui de trente minutes se poursuit jusqu'à la montagne.
Le fleuve
La Grande Rivière Sud-Est est le plus grand fleuve de Mauritius, ce qui, sur une île de cette taille, désigne un cours d'eau plus modeste que son nom ne le laisse entendre, mais qui reste de loin le plus important de l'île. Il prend sa source sur les hauts plateaux du centre, coule vers l'est à travers une vallée et atteint la côte sur le rivage oriental, au sud de Trou d'Eau Douce.
Près de son embouchure, il franchit une chute pour se déverser dans un bassin, et cette cascade est un passage incontournable des excursions en bateau sur la côte est : l'excursion classique à Ile aux Cerfs remonte l'estuaire pour l'admirer, et un ou deux bateaux stationnent généralement à son pied. Depuis l'eau, c'est un lieu vert, encaissé et plutôt secret.
Vu du ciel, c'est tout autre chose, car vous apercevez tout le système d'un seul regard : la vallée qui descend de l'intérieur, la cascade, l'estuaire qui s'élargit, puis l'endroit où l'eau douce et les sédiments rejoignent le lagon. C'est cette dernière partie qui est intéressante, et elle n'est visible depuis aucun bateau.
Pourquoi le fleuve compte pour le vol
La cascade sous-marine de l'est n'est pas une curiosité sans rapport qui se trouve simplement à proximité. Un fleuve qui apporte des sédiments à la côte contribue à alimenter un plateau peu profond en matériaux, et le rebord de ce plateau, au large de cette portion de côte, est l'endroit où ces matériaux finissent par basculer dans le vide.
Le fleuve, l'estuaire et l'illusion racontent donc une seule histoire plutôt que de constituer trois sites distincts. En volant vers le sud depuis Ile aux Cerfs, vous traversez le lagon, passez l'embouchure de la Grande Rivière Sud-Est, puis atteignez l'endroit où le plateau peu profond s'achève et où les traînées de sédiments descendent la pente. Les voir dans cet ordre rend l'illusion compréhensible, contrairement à une arrivée sans contexte.
C'est aussi pourquoi le vol de vingt minutes descend aussi loin vers le sud. C'est autour de cette géographie que le vol est conçu.
La vallée fluviale rejoignant la côte, avec la crête au-delà
Lion Mountain
Encore plus au sud, dominant la baie, se dresse Lion Mountain. C'est l'un des sommets les plus reconnaissables du sud-est, et son nom vient de sa silhouette : sous le bon angle, la crête évoque un lion couché, avec la tête à une extrémité et le corps derrière.
Comme la plupart des reliefs nommés d'après ce qu'ils évoquent, il se révèle depuis une direction et disparaît depuis toutes les autres. En arrivant du nord, ce n'est qu'une crête verdoyante aux flancs abrupts. Au-dessus de la baie, sa forme se dessine peu à peu, l'un des petits plaisirs de l'observer depuis un avion plutôt que depuis un parking.
Il est possible de le gravir, et c'est une randonnée appréciée, avec un passage d'escalade facile près du sommet et une vue sur la baie et la côte historique en contrebas. C'est une excursion à part entière, et elle en vaut la peine. Le vol vous apporte autre chose : le contexte, avec la crête par rapport à la baie, au récif, à la vallée fluviale au nord et au dessin de la côte sur laquelle elle se trouve.
La côte entre les deux
La portion de littoral reliant l'embouchure du fleuve à la baie sous Lion Mountain est la partie de la côte est restée paisible. Au nord du fleuve se trouvent les stations balnéaires et le trafic de bateaux vers Ile aux Cerfs ; au sud, la côte se resserre, les crêtes se rapprochent de l'eau et les villages se font plus rares.
Depuis les airs, cette transition est évidente et assez brutale. Le lagon change de forme, le récif se rapproche par endroits et s'éloigne à d'autres, et la végétation derrière le rivage cesse d'être de la canne à sucre pour devenir des pentes. Il y a moins de bateaux, moins de toits et davantage de vallées fluviales.
C'est aussi la partie de la côte dont l'histoire est la plus ancienne, puisque la baie au sud fut le centre des premiers établissements européens de l'île et de son activité maritime, plutôt que la capitale moderne située de l'autre côté. Rien de tout cela n'est visible en tant que tel depuis un petit avion, mais la forme de la baie explique immédiatement pourquoi elle a été choisie : elle est abritée, assez profonde et le récif s'ouvre au bon endroit.
Une même histoire
Le fleuve, l'estuaire et la cascade sous-marine relèvent d'un même processus en trois étapes : les sédiments quittent les hauteurs, traversent le plateau puis franchissent son rebord.
Les voir depuis les airs
Les deux repères apparaissent à l'extrémité du vol, ce qui change le caractère de sa seconde moitié. La première partie n'est qu'eau : lagon, bancs de sable, île, couleurs. Puis la terre apparaît, avec elle le relief, la texture et les ombres.
Ce contraste est le meilleur argument en faveur du vol le plus long. Vingt minutes au-dessus d'eaux peu profondes extraordinaires constituent déjà une expérience complète, et l'œil finit par s'y habituer. L'arrivée d'une vallée fluviale et d'une crête renouvelle l'attention, tout en montrant comment l'île est structurée : des hauteurs au centre, des rivières qui en descendent, des plantations de canne à sucre sur les pentes et un récif qui tient la mer à distance sur toute la côte est.
La lumière agit également différemment sur cette moitié du vol. L'eau a besoin d'un soleil au zénith pour révéler ses couleurs ; une crête a besoin d'une lumière latérale pour faire ressortir sa forme. Lors d'un vol en milieu de matinée, vous bénéficiez de versions satisfaisantes des deux, ce qui constitue un autre argument discret en faveur de ce créneau.
